
Mineur de soufre
Série de photographies réalisée lors de ma découverte du mont Ijen, en Indonésie. Au-delà du paysage, ce moment a été marquée par la rencontre avec les mineurs de soufre et quelques échanges sur leur quotidien. Un moment qui laisse autant de questions que d’admiration.
- Région
- Java oriental, Indonésie
- Lieu
- Kawah Ijen
- Période
- 4 octobre 2023
- photographie
- Indonesie
- documentaire
À propos
Le mont Ijen est malheureusement un lieu victime de son succès. De nuit, on peut y observer ses célèbres flammes bleues : un phénomène chimique créé par les gaz qui s’échappent du cratère au contact du soufre. Un spectacle qui attire aujourd’hui beaucoup de monde.
C’est aussi pour ça que j’ai décidé d’y aller de jour, en partant de Banyuwangi en scooter, sans guide et loin des groupes.
En commençant l’ascension vers le cratère, je croise le chemin d’un mineur de soufre. On sympathise assez rapidement et on décide finalement de faire la montée ensemble. Entre la chaleur, la poussière et l’odeur constante du soufre, l’expérience devient très immersive.
Arrivés en haut, il salue ses collègues et me montre l’endroit où ils dorment et se reposent : une petite cabane de quelques mètres carrés, avec deux planches en bois en guise de lit, installée sur l’un des flancs du volcan. Au fond du cratère se trouve un lac acide, entouré d’émanations de gaz presque permanentes.
Il m’explique que lorsqu’il vient ici, c’est pour plusieurs jours. Pendant ce temps, il enchaîne les allers-retours au fond du volcan pour extraire et transporter le soufre, pour l’équivalent de quelques euros.
La chose qui m’a le plus marqué pendant cette rencontre est venue d’une question.
Je lui demande :
« Pourquoi ne pas aller travailler en ville pour gagner plus d’argent ? »
Il me répond :
« À quoi ça sert d’avoir plus d’argent si je suis loin de mes amis ? Ici je travaille avec des gens que j’aime, et je retrouve ma famille quand je rentre. Ça me suffit. »
Une réponse qui m’a accompagné tout le long du trajet retour.
Je me suis demandé ce que valait vraiment un gramme de soufre… et ce qu’il coûtait parfois en souffrance.