
Je suis parti ce matin à 8 h de Ribeauvillé. À 17 h, j’arrivais au Bonhomme. Les jambes allaient bien. La vraie difficulté commençait seulement. Je me suis assis quelques minutes à l’ombre pour réfléchir. Depuis le départ, je savais que ce moment finirait par arriver. Il allait falloir demander de l’aide à des inconnus. J’ai tourné un peu dans les rues. Une fois. Deux fois. J’observais les maisons, je cherchais presque une excuse pour repousser le moment. Puis je suis tombé sur une maison dont le garage était ouvert. Il n’y avait pas de portail. Je me suis dit que c’était peut-être le signe qu’il fallait simplement arrêter de réfléchir. J’ai pris une grande inspiration et je suis allé frapper. Karine m’a ouvert la porte. Quelques minutes plus tard, je partageais un bol de ramen avec elle et son mari Alex. Tout en profitant de l’absence de leur fils pour avoir un lit, je suis gâté aujourd’hui. Nous avons parlé de tout et de rien, échangé nos visions, ri, simplement passé un vrai moment ensemble. Ce soir, je dors au chaud. J’ai pu prendre une douche, manger, lancer une machine à laver… Des choses qui paraissent anodines jusqu’au moment où elles ne le sont plus. Et surtout, ce sont les deux premières signatures qui rejoignent mon dossard. Celles de Karine et d’Alex. En quittant Ribeauvillé ce matin, je pensais que cette aventure commencerait sur les sentiers. En réalité, elle a commencé au moment où j’ai accepté de sortir de ma zone de confort et de faire confiance à quelqu’un que je ne connaissais pas.