
Ce matin, avec Jules, nous quittons Les Alliés en direction des Hôpitaux-Neufs.
Vers 10 heures, je reçois un appel d’un ami, c’est Xavier et Thibault. On décide de ce faire un « ravito » improvisé pour ce retrouver.
On se retrouve tous les quatre sur un parking derrière une église à l’ombre.
En apparence rien de spectaculaire : un peu de pain, quelque chose à manger, de l’eau, du rire et des sourires.
Mais après plusieurs jours de marche, ces moments simples permettent de recharger les batteries, autant physiquement que mentalement.
Avec Jules, nous reprenons ensuite la route.
La chaleur nous rattrape rapidement. On avance lentement, les kilomètres deviennent plus difficiles, jusqu’à notre arrivée aux Hôpitaux-Neufs.
Comme chaque soir, il faut recommencer à frapper aux portes.
Première maison : non.
Deuxième : personne.
Troisième : une dame nous ouvre.
Elle nous fait entrer, nous donne de l’eau et quelque chose à manger, puis nous conseille de continuer dans la rue et de monter vers les lotissements.
On suit son conseil.
Quelques maisons plus loin, trois chiens nous accueillent bruyamment derrière la porte.
Puis Christelle nous ouvre.
Elle aussi connaît la marche et le voyage : elle a notamment parcouru le GR5.
Le courant passe immédiatement.
Mais ce qu’elle nous propose dépasse largement ce qu’on espérait.
Elle nous installe dans un appartement qu’elle utilise habituellement pour accueillir les animaux qu’elle récupère à la SPA.
Un appartement entier pour nous deux.
Un salon, des chambres, de l’espace.
Après onze jours à chercher chaque soir un endroit où poser nos sacs, c’est presque irréel.
Le lendemain matin, Christelle nous prépare même une salade de riz à emporter pour la suite.
Encore une fois, je pensais simplement chercher un endroit où dormir.
Je repars avec bien plus que ça.
Un toit, de la nourriture, du repos… et une nouvelle preuve que la générosité peut parfois dépasser tout ce qu’on avait imaginé.
Aujourd’hui, nous repartons vers Mouthe, la « Petite Sibérie française ».
Après la chaleur des derniers jours, le changement de décor promet d’être radical.
Et quelque chose me dit que cette traversée n’a pas fini de me surprendre.