
Aujourd’hui, seulement 18 kilomètres, mais presque 900 mètres de dénivelé positif. Dans les Alpes, les chiffres racontent parfois une histoire bien différente de celle qu’on imagine.
Depuis deux jours, la fièvre est là, avec le mal de tête et une fatigue qui commence à se faire sérieusement sentir. Alors aujourd’hui, il a fallu avancer malgré tout, traverser une partie de la vallée du Beaufortain et continuer à mettre un pied devant l’autre.
En arrivant à Granier, je croise Alexis avec sa petite fille. Je lui demande s’il sait où je pourrais dormir. Il me répond presque immédiatement qu’il est le fils de la personne qui gère l’auberge-refuge pour randonneurs.
Première interaction. Première porte.
Alexis m’accueille au refuge. On fait quelques courses ensemble, on mange, je peux enfin faire une lessive et surtout… dormir. Presque dix heures.
Un moment simple, mais exactement ce dont j’avais besoin pour récupérer.
Parce qu’en ce moment, la fatigue est autant musculaire que mentale. Et même si j’ai déjà parcouru une grosse partie de cette traversée, j’ai parfois l’impression d’avancer beaucoup moins vite.
Dans les Alpes, six heures de marche ne représentent plus forcément autant de kilomètres. Les montées s’enchaînent, les descentes aussi, et les distances paraissent soudainement plus longues.
J’avance toujours. Mais ici, j’apprends que parfois, avancer signifie aussi accepter de ralentir.