
Ce matin, en ouvrant les rideaux, je vois un brouillard immense qui enveloppe les Alpes. Je me dis que je vais avoir froid. Mais dès que j’ouvre la fenêtre, c’est tout l’inverse : une chaleur étouffante.
Ce n’était pas du brouillard. C’était du sable venu du Sud, qui avait enveloppé les montagnes pendant la nuit. La gorge sèche, les lèvres sèches, cette sensation de soif permanente… même en buvant, impossible de vraiment se sentir hydraté.
La journée a donc été plutôt calme et introspective. Peu de rencontres, peu de monde sur les sentiers. Jusqu’à mon arrivée à Grand-Cœur.
Je me dis que, peut-être, dans un village qui porte un nom pareil, je finirai bien par trouver quelqu’un avec un grand cœur.
Quelques maisons plus tard, je rencontre Cathy et Martial.
Cathy appelle sa fille pour savoir si je peux dormir dans l’appartement qu’elle loue habituellement et qui est libre ce soir-là. La réponse est oui.
Le soir, on partage un barbecue et un couscous maison, puis Martial me raconte ses souvenirs des Alpes, lorsqu’il était plus jeune. Les montagnes, la neige, l’élevage, une époque qui lui semble aujourd’hui bien différente.
Une discussion pleine de souvenirs, de nostalgie et de cette beauté particulière qu’il y a parfois dans les récits du passé.
Et finalement, Grand-Cœur aura plutôt bien porté son nom.