
Ce matin, je quitte Saint-François en direction de La Chambre. Je m’arrête à l’office de tourisme pour essayer d’y voir plus clair sur la suite : continuer vers Briançon ou redescendre directement vers Grenoble ?
Après discussion, je décide finalement de continuer vers Briançon pour aller chercher les derniers cols et les derniers flancs de montagne.
Mais un problème se pose : il faut remonter toute la vallée, près de 40 à 50 kilomètres, principalement par des routes où il n’existe pas vraiment de sentier pour les randonneurs.
Alors je décide de changer de méthode : je vais faire du stop.
En moins d’une heure, je me retrouve beaucoup plus haut, à la petite station de Fréjus. Une fois sur place, je tombe sur une soirée dans un bar. Beaucoup de saisonniers, beaucoup d’échanges, des personnes intéressées par mon projet… mais les réponses restent floues : « On verra dans quelques heures. »
Et je sens rapidement le plan qui peut devenir compliqué : attendre toute la soirée, sans douche, pour finalement peut-être trouver quelqu’un.
Alors je pars.
Je délaisse les commerces et le centre pour chercher directement les chalets. L’objectif est maintenant de repérer ceux qui sont réellement habités à l’année.
Et ça finit par payer.
Sylvie m’ouvre la porte avec sa fille et sa petite-fille de 16 mois. Elle me montre un petit studio au rez-de-chaussée du chalet familial, me donne les clés et me dit simplement de m’installer avant de les rejoindre pour manger.
Aujourd’hui, je n’ai presque pas marché.
Mais j’ai quand même avancé.
Parce que parfois, progresser dans une traversée, ce n’est pas forcément faire des kilomètres à pied. C’est aussi savoir changer de rythme, de méthode et s’adapter au terrain.