
Cette nuit, j’ai dormi sans vraiment récupérer. La chaleur est toujours là, et aujourd’hui, elle n’a laissé aucun répit.
Quarante kilomètres.
Sur le papier, ce n’est qu’un chiffre. Mais sur le terrain, chaque kilomètre finit par peser.
J’ai fait une belle rencontre au Grand Ballon d’Alsace, un moment qui m’a redonné un peu d’énergie. Puis, au fil des heures, la fatigue a repris le dessus.
Vers les trente kilomètres, j’ai craqué.
Plus rien ne me faisait envie. Tout m’agaçait. Chaque pas semblait plus lourd que le précédent. C’est rare que j’arrive à ce point-là, mais aujourd’hui, j’étais simplement à bout.
Alors je me suis arrêté quelques instants.
Je me suis rappelé pourquoi j’étais parti.
J’ai respiré.
Et j’ai recommencé à avancer.
En arrivant à Thann, une autre épreuve m’attendait : trouver un endroit où dormir.
Une première personne me dit non.
Je continue.
Je sonne à une porte. Personne ne répond, malgré la présence de quelqu’un à l’intérieur.
Je continue.
Une dame me regarde avec méfiance. Le temps d’un instant, j’ai presque l’impression d’être un danger.
Je continue.
Les refus s’enchaînent.
Puis arrive la huitième porte.
Clément m’ouvre.
Je n’ai même pas le temps de terminer ma phrase qu’il me répond :
« Allez, viens. Dépêche-toi d’aller prendre une douche, on passe bientôt à table. »
Aucune hésitation.
Aucune question.
Juste une confiance immédiate.
Quelques minutes plus tard, je partageais le repas avec lui et les personnes présentes dans sa chambre d’hôtes, comme si nous nous connaissions depuis longtemps.
Aujourd’hui, je retiens une chose.
Les refus font mal. Ils donnent parfois envie de s’arrêter.
Mais il suffit d’une seule personne pour changer complètement une journée.
Alors il faut continuer à toquer.
Parce qu’il y a toujours, quelque part, une porte qui s’ouvrira. Et lorsqu’elle s’ouvre, on réalise que toutes celles restées fermées nous conduisaient peut-être simplement jusqu’à la bonne