
Ce matin, je quitte le refuge du Montabord pour rejoindre le refuge I Magi, un refuge franco-italien situé juste à côté de la frontière italienne.
Avant mon départ, Ludo, le gardien du Montabord, m’explique qu’il a appelé Chiara, qui tient le refuge avec son mari Roberto, pour lui parler de mon projet. Elle sait donc déjà qui je suis et pourquoi je suis là.
Après à peine 2h30 de marche, à travers une magnifique forêt de sapins parsemée de petites cascades, j’arrive au refuge. Chiara m’accueille directement avec le sourire : elle connaît déjà mon histoire et me dit que tout est bon pour ce soir. Il n’y a que quelques personnes au refuge, alors je n’ai même pas besoin de donner un coup de main.
J’insiste quand même pour aider, mais Chiara me rassure : tout va bien.
Je me retrouve finalement seul dans un dortoir de trois lits, dans un refuge beaucoup plus calme que celui de la veille. Le soir, Chiara et Roberto me préparent une énorme polenta accompagnée d’une sauce tomate et de spätzle maison. Une vraie petite touche italienne, juste à côté de la frontière.
Encore une fois, cette journée me rappelle que les rencontres créent des connexions. Ludo me parle de mon projet, appelle Chiara, et quelques heures plus tard, une nouvelle porte s’ouvre.
Demain sera ma dernière journée dans les Alpes. Derniers cols, derniers sommets à près de 2 500 mètres… et probablement une journée aussi intense physiquement qu’émotionnellement.
Parce qu’ici, j’ai l’impression que l’intensité de la topographie est à l’image de l’intensité des émotions qu’elle procure.