
Ce matin, je quitte le refuge I Re Magi assez tôt après un bon petit-déjeuner. Près de 30 kilomètres m’attendent, avec environ 1 600 mètres de dénivelé positif. C’est ma dernière grosse journée dans les Alpes.
Je traverse un paysage qui change encore : des hameaux aux chalets recouverts d’ardoise, une architecture qui rappelle de plus en plus l’Italie, puis une vallée très minérale entourée de sapins. Avant d’attaquer la dernière montée vers les 2 500 mètres, un randonneur m’aborde pour me demander son chemin. En regardant sa carte, je comprends rapidement qu’il s’est trompé de parking et qu’il n’est pas du tout là où il pense être. Je prends quelques minutes pour le remettre sur le bon itinéraire. Une petite rencontre, mais aussi le sentiment de pouvoir à mon tour aider quelqu’un à retrouver son chemin.
Puis vient la dernière montée.
2 500 mètres. Un ciel parfaitement bleu. Des paysages immenses. Et surtout, personne autour de moi. Je profite pleinement de ce dernier grand moment en altitude.
En redescendant vers Montgenèvre, quelque chose me paraît étrange. La station semble complètement déserte. Je découvre rapidement que les chalets sont presque tous des locations, les volets sont fermés et il n’y a quasiment aucune voiture. Une habitante me confirme que la station est effectivement vide.
Je comprends qu’il faut encore une fois m’adapter.
Je fais du stop et, cinq minutes plus tard, je me retrouve à Briançon.
Là, je décide de tenter ma chance dans un petit quartier résidentiel, plus vert et plus habité. Dès les premières maisons, je ressens une vraie solidarité entre voisins : plusieurs personnes me disent que je trouverai sûrement quelqu’un dans le quartier.
Et elles avaient raison.
Après quelques maisons, Thomas m’ouvre sa porte et m’accueille avec sa femme et son fils. Au même moment, un voisin arrive et propose lui aussi de demander à sa mère si elle peut m’héberger.
Encore une fois, je retrouve cette même logique : une personne, puis une autre, puis une autre… jusqu’à ce qu’une solution apparaisse.
Cette dernière journée dans les Alpes aura donc été à leur image : intense, imprévisible et constamment en mouvement.
Demain, je redescends vers Grenoble. Les Alpes seront derrière moi.