
Ce matin, je quitte Châtillon-en-Diois en direction de Luc-en-Diois. Le village est encore animé par un trail organisé le dimanche matin, ce qui donne une ambiance assez particulière et agréable avant de reprendre la route.
Je pars pourtant assez tard, vers 11 heures, avec une vingtaine de kilomètres et environ 1 200 mètres de dénivelé positif devant moi. Il va donc falloir maintenir une bonne cadence, mais avec la chaleur, ce n’est pas évident.
Toute la journée, je traverse des forêts de sapins et de résineux. Les sentiers sont parfois compliqués, les plantes me griffent les jambes, la chaleur est bien présente… et surtout, je ne croise absolument personne.
Je suis complètement seul dans mon effort.
Après plusieurs heures à avancer dans ces paysages, j’arrive enfin à Luc-en-Diois, un petit village où je dois trouver un endroit pour dormir.
Je commence à toquer.
Et là : one-shot.
Première maison. Première personne à qui je demande. Première porte qui s’ouvre.
Une vieille dame sort, je lui fais mon petit speech. Et elle me répond avec le sourire :
« Bah pourquoi pas »
Après une journée passée seul dans mon effort, le soulagement est immédiat.
Je partage un repas avec eux et découvre un couple très impliqué dans la vie locale et solidaire du village. Ils s’occupent notamment d’un temple protestant et organisent différentes excursions et activités ancrées dans la vie du territoire.
Et puis, comme souvent dans cette traversée, une nouvelle coïncidence apparaît : leur petit-fils a 25 ans et est lui aussi parti en Australie.
Encore une fois, je retrouve un petit morceau de mon propre voyage chez les personnes qui m’accueillent.
Après trois journées assez intenses, ce soir, je vais surtout dormir tôt. J’ai besoin de récupérer.
Mais je repars avec cette sensation agréable : après une journée entière seul dans mon effort, il a suffi d’une seule porte pour retrouver de la chaleur humaine.