
Aujourd’hui, j’ai volontairement ralenti.
Après les 40 kilomètres d’hier, mon corps me rappelait qu’il fallait lever le pied. La chaleur est toujours aussi présente et chaque pas demande un peu plus d’énergie.
En avançant, je me suis rendu compte d’une chose à laquelle je ne pensais pas avant de partir : trouver de l’eau n’est pas si évident.
Entre les restrictions liées à la sécheresse, les fontaines coupées et les points d’eau devenus inutilisables, remplir une simple gourde demande parfois autant d’organisation que trouver un endroit où dormir.
Je découvre que cette traversée ne consiste pas seulement à marcher.
Elle demande aussi de s’adapter en permanence à ce que le terrain impose.
Ce soir, j’ai la chance d’être accueilli par Yannick et sa famille.
Ils m’ont ouvert les portes de leur maison avec une simplicité qui me touche énormément. Je dors dans la chambre de leur fils, pendant que lui s’est installé sur le canapé.
Ce sont des gestes qui paraissent simples, mais qui prennent une tout autre valeur lorsqu’on dépend entièrement de la générosité des autres.
Aujourd’hui encore, j’ai pu reprendre des forces, bien manger et récupérer.
Demain, une nouvelle étape commence.
Et j’ai le sentiment que cette aventure m’apprend autant à apprécier ce qui paraît ordinaire qu’à avancer vers le sud.