
Ce matin, je quitte Rosans en direction de Saint-Auban-sur-l’Ouvèze. La pluie finit enfin par se calmer, mais je pars assez tard, vers 11 heures.
Avant de partir, Nathalie et Aurélien, chez qui j’ai partagé le repas hier soir, me donnent une information qui va encore une fois me servir sur la route. Aurélien m’explique que ses parents habitent directement sur mon tracé, dans une petite ferme familiale. Il me dit que je peux m’arrêter chez eux pour boire un café, discuter un peu et faire une pause. Ses parents sont eux aussi de grands voyageurs.
Je décide donc de suivre son conseil.
Je me retrouve dans un petit hameau appelé Viarrands, où je rencontre Chantal et Michel, les parents d’Aurélien. Je partage un café avec Chantal, qui me donne même quelques cookies. On discute pendant près d’une heure, puis je reprends la route pour ne pas arriver trop tard.
En avançant vers Saint-Auban-sur-l’Ouvèze, je remarque quelques petites maisons isolées.
L’une d’elles attire particulièrement mon attention : une maison à l’allure un peu fermière.
Je décide d’aller voir.
La porte est ouverte. J’aperçois un monsieur à l’intérieur, occupé sur son téléphone. Lorsqu’il termine, il me voit et me dit simplement :
« Oui, rentre. »
Je monte sur le palier, je commence à lui dire bonjour, et il enchaîne immédiatement :
« Vas-y, rentre, viens. Assieds-toi. Tu veux boire quelque chose ? »
Du rosé est posé sur la table.
Je n’ai même pas eu le temps de sortir mon speech habituel.
Je lui explique finalement mon projet, et Gaby accepte directement de m’accueillir pour la nuit.
Encore un one-shot.
Mais celui-ci est particulièrement particulier : je suis littéralement entré dans sa maison avant même qu’il sache qui j’étais.
Tout s’est fait naturellement, sans avoir besoin d’insister, d’expliquer longuement ou de frapper à plusieurs portes.
Après quarante jours de traversée, ces moments-là continuent de me surprendre. Il y a des journées où il faut chercher, insister, essuyer plusieurs refus. Et puis il y en a d’autres où tout semble simplement se mettre en place.
Aujourd’hui, j’ai eu droit à l’un de ces accueils-là.