
Ce matin, je suis reparti avec un bon petit-déjeuner dans le ventre. De quoi attaquer la journée avec de l’énergie.
Pendant plusieurs heures, tout s’est bien passé. Puis la chaleur et les kilomètres ont commencé à laisser des traces. Les frottements du sac et des vêtements ont fini par irriter ma peau au point de devenir vraiment désagréables.
Je me suis arrêté quelques minutes à l’ombre d’un arbre.
C’est là qu’un jeune homme est venu me voir.
Il m’a simplement demandé si tout allait bien. Puis il m’a proposé de remplir mes gourdes.
Quelques minutes plus tard, je me retrouvais chez lui, au frais, à boire un verre d’eau et à partager un fruit avec lui et sa famille.
En discutant, je leur explique mes problèmes d’irritation.
Ils n’ont pas de crème, mais me parlent d’une pharmacie où le jeune homme avait travaillé.
Je m’y rends.
La pharmacienne écoute mon histoire, me donne une crème… gratuitement.
Avant de partir, elle me conseille de rejoindre Vandoncourt, un village situé juste à côté de mon itinéraire.
Elle me dit simplement :
« Allez là-bas. Vous trouverez sûrement quelqu’un pour vous accueillir. »
En arrivant, je frappe à plusieurs portes.
Les refus s’enchaînent.
Puis un vieil homme m’indique une rue.
« Allez dans la rue du Parc. Je suis sûr que quelqu’un vous ouvrira. »
Je continue.
Et c’est là que je rencontre Sylvie.
À peine arrivé, elle me prépare à manger. Avec son mari Jean-Marc, ils m’accueillent comme si nous nous connaissions depuis toujours.
Ils prennent soin de moi, s’assurent que je bois suffisamment, ressortent même une crème pour mes irritations.
Le soir venu, Jean-Marc m’emmène dehors.
Les yeux tournés vers le ciel, il m’apprend à reconnaître les étoiles.
Aujourd’hui, j’ai compris que le fil rouge de cette aventure ne relie pas seulement les Vosges aux Calanques.
Il relie surtout les personnes entre elles.
Un inconnu m’a conduit vers une famille.
Cette famille m’a conduit vers une pharmacienne.
La pharmacienne m’a conduit vers un village.
Un habitant du village m’a conduit jusqu’à Sylvie et Jean-Marc.
Sans qu’ils le sachent, chacun d’eux a participé à la suite de cette histoire.
Et je trouve ça incroyablement beau.