
Après le petit-déjeuner, je repars le ventre plein. Avant mon départ, Sylvie et Jean-Marc insistent pour me charger de nourriture et de boissons. Sandwichs, eau… J’ai largement de quoi tenir toute la journée.
Je quitte leur maison avec le sac un peu plus lourd, mais surtout le cœur léger.
Les kilomètres défilent au milieu des forêts du Doubs. Les paysages changent doucement. Les arbres sont immenses, la végétation est dense, presque luxuriante. Après plusieurs jours sous une chaleur écrasante, marcher dans cette nature fait un bien fou.
En fin d’après-midi, j’arrive à Soulce-Cernay, près de Saint-Hippolyte.
Comme chaque soir, il faut recommencer.
Chercher.
Observer.
Oser frapper.
Les premières portes restent fermées. Certaines personnes refusent avec bienveillance. D’autres n’ont tout simplement pas la possibilité de m’accueillir.
Un homme m’invite tout de même à entrer quelques instants. Il ne peut pas m’héberger, mais tient à m’offrir quelque chose. Avant de repartir, il me donne une terrine de chevreuil préparée par son père.
Je reprends la route.
Finalement, après plus d’une dizaine de maisons, Thomas m’ouvre sa porte.
Avec sa famille, ils m’accueillent simplement, sans chichis.
Nous partageons des frites maison, discutons autour de sa passion pour les motos et découvrons la collection de son père. Son fils est lui aussi passionné de mécanique, et la conversation s’étire naturellement.
Au moment de l’apéritif, je sors la terrine offerte quelques heures plus tôt.
Sans le vouloir, cette première rencontre s’invite à la seconde.
Aujourd’hui, je réalise que la générosité ne prend pas toujours la forme que l’on imagine.
Certaines personnes offrent un lit.
D’autres un repas.
D’autres encore un simple morceau de leur histoire.
Et parfois, ce qu’elles donnent continue son chemin bien après notre rencontre.